Le vote électronique, cette boite à suggestions

En lien avec un article à propos du vote électronique publié ce jour par Le Matin, nous avons saisi l’opportunité de répondre en détail à quelques questions. Voici donc l’occasion idéale de vous exposer notre point de vue sur le sujet !

En prélude

Le numérique et ses possibilités amène son lot d’émerveillement, de par les portes qu’il ouvre et les possibilités extraordinaires qu’il offre. Le vote électronique est, sur le principe, une évolution démocratique des plus enthousiasmantes.

Cependant, dans ce domaine comme dans tout autre, il s’agit d’avoir un regard critique sur les choses. Peut-être faut-il se montrer même plus critique de par la période de transition que nous traversons, pour plusieurs raisons essentielles:

La plus évidente: L’humain n’est pas équipé sensoriellement pour « percevoir » le numérique. Pas plus qu’il ne « voit » l’électricité dans un cable, il ne peut directement « ressentir » Internet. Il utilise des instrument, et passe par un apprentissage, pour en percevoir certains aspects et interagir avec ce milieu. Ces capacités ne sont pas innées.

Si certains « digital natives » (les jeunes « nés avec un smartphone dans les  mains ») ont une faculté intuitive, non seulement à utiliser, mais aussi à sentir, à se prémunir ou se protéger des problématiques, détournements, effets pervers, voire des dangers liés au numérique et aux nouvelles technologies, il s’agit d’une petite minorité.

L’immense majorité des gens, y compris les générations au pouvoir, soit en ignorent tout, soit servent des intérêts ne tirant aucun bénéfice à sensibiliser ou éduquer les jeunes, et encore moins la population en général, sur ces problématiques.

A l’heure actuelle, lorsqu’un sujet numérique est abordé, on parle donc surtout des avantages, mais pas (ou trop peu) des inconvénients. Et pourtant, si les possibilités offertes par le numérique sont virtuellement infinies, les détournements le sont tout autant.

Le Parti Pirate se veut être un « contrepoids » dans ce type de situation. Il a de plus, dans le cas du e-voting, une expérience pratique concrète et des problèmes qu’il soulève, de par l’utilisation de la solution Pi-vote au sein du parti.

Pour résumer, c’est donc au croisement de l’idée excitante de vote électronique avec les défis de sa mise en pratique que nombre de questions se posent !

Le 17 juin, un peu plus de 160’000 citoyens suisses pourront voter par voie électronique. Qu’est-ce que cela vous inspire?

L’idée, le concept de vote électronique est une évolution attrayante sur le principe, de par les nombreux espoirs pratiques qu’on lui attibue. On lui prête une plus grande praticité ou facilité de vote, surtout pour des personnes à l’étranger, ainsi que des avantages dérivés, tels qu’une meilleure implication citoyenne et, selon sa mise en oeuvre, des économies de papier.

En pratique, ouvrir la porte au vote électronique, en particulier lorsqu’il est opaque, c’est accepter le risque de remplacer la démocratie du vote traditionnel par une dictature numérique.

Un des fondements de notre système de vote actuel est la compréhension de son fonctionnement. C’est une des composantes de son aspect démocratique. Toute personne avec une éducation de base est en mesure non seulement de comprendre ce fonctionnement, y compris les mécanismes assurant l’anonymat d’un vote, mais aussi de se rendre compte de la grande difficulté à le détourner. Il peut même aller vérifier son bon déroulement, et les sécurités mises en place à ces fins.

Chacun a donc la capacité de vérifier que le déroulement du vote se passe correctement.

Avec le vote électronique, plus rien de tout cela n’est possible pour le citoyen. Ce type de vote n’est simplement plus démocratique.

De plus, le processus démocratique du vote traditionnel, jusque là robuste, est grandement fragilisé par l’adjonction de ce e-voting dont la sécurité et l’inviolabilité ne peuvent être garanties.

Comme le précise Cédric Jeanneret, membre s’étant penché sur la question: A ce jour, pour le cas du vote électronique genevois, AUCUN audit n’a été publié. Or la Loi sur l’Exercice des Droits Politique (LEDP) précise qu’ils doivent être rendus public. On peut en déduire qu’il n’y a pas eu d’audit pour le moment. La seule publication s’approchant d’un audit concerne uniquement l’ergonomie et les fonctionnalités, et date de 2002. Un peu bizarre quand la LEDP précise qu’il faut au moins un audit tous les 3 ans (art. 60 al. 6).

C’est donc une voie potentiellement très dangereuse pour notre démocratie qui est empruntée actuellement, et même si elle ne concerne qu’une proportion minoritaire des électeurs, elle est déjà amplement suffisante (jusqu’à 10% au niveau fédéral, 30% pour Genève et Neuchatel) pour faire basculer l’issue d’un scrutin.

A l’heure actuelle ou de grandes puissances ne se cachent plus de mener des guerres numériques contre d’autres pays, faire perdurer des « tests » ayant un impact réel sur le résultat des scrutins relève d’une ignorance, d’un aveuglement ou d’une inconscience pure et simple.

Par ailleurs, l’actualité récente fournit quelques éclairages intéressant à confronter aux illusions d’inviolabilité de systèmes informatiques:

Sans qu’il y ait de parallèle direct à faire avec l’utilisation de Java dans la solution de vote électronique genevoise, l’exemple montre que cette technologie n’est pas plus inviolable, ou pas moins détournable qu’une autre.

La chancellerie fédérale assure que le 11 mars, il n’y a pas eu de  faute, mais un bug. Ca vous rassure sur la fiabilité du système?

Non, cette déclaration a précisément l’effet inverse. Une faute, sous-entendu une erreur humaine de manipulation ou de traitement, quoique potentiellement tout aussi problématique suivant son impact, ne remet pas en cause le système, l’outil. Le bug, lui, met en lumière un dysfonctionnement du système, qui ne fait pas correctement ce qui lui est demandé.

Par analogie, dans le cas d’une voiture enfonçant la façade d’un magasin, on tiendra le pilote pour responsable, qu’il l’ait fait à dessein ou suite à une innatention.

Si l’accident est dû à une défaillance de la direction et du système de freins, on cherchera le fautif du côté du constructeur, ou de la chaine d’entretien/de vérification.

Garantir, et surtout prouver l’absence totale d’anomalie de fonctionnement ou de faille de sécurité dans un système informatisé est tout simplement impossible.

Utiliser un système de e-voting informatisé, à terme potentiellement pour tous les électeurs, ouvre donc la possibilité, aussi importants soient les efforts de sécurisation, de voir l’ensemble des voitures d’un canton démarrer et s’encastrer dans un mur à l’occasion d’un scrutin.

Pour aborder spécifiquement le cas de Genève en question pour cette défaillance, la communication de la Confédération était extrêmement confuse.

Hormis le fait à peine croyable d’annoncer un dysfonctionnement pur et simple en le faisant passer pour un succès, celui-ci était énoncé comme suit:

« Un électeur/une électrice Suisse de l’étranger, inscrit(e) dans le  canton de Lucerne, a pu voter deux fois avec une même carte de vote sur la plateforme genevoise de vote électronique. »

Sans connaissances particulières, on pouvait donc se demander: Un Lucernois, en votant électroniquement, aurait donc pu voter à double (!), avec une carte mono-utilisation (!!), participant au scrutin d’un Canton n’étant pas le sien (!!!) ?

Au final, la personne avait certes voté à double, mais pas au sein du scrutin genevois. Lucerne ayant en partie abandonné la souveraineté de son système de vote à Genève, le Canton avait son scrutin séparé sur la plateforme technique genevoise.

Deux problèmes majeurs subsistent: le vote à double, et la « correction » de cette erreur.

Le problème du double vote est évident, il ne devrait simplement pas se produire. Celui de la « correction » soulève des questions sur l’anonymat des votes, en particulier la possibilité technique de sa violation. Il a été assuré que ce secret n’avait pas été violé.

Il n’y a pas d’autre choix que de faire confiance, les éléments constituant le système en fonction n’étant pas divulgués au « simple citoyen ».

N’est-ce pas une chance pour la démocratie que les Suisses de l’étranger, notamment, puissent voter plus facilement?

Sur le principe, oui, ce serait une grande avancée. En pratique, dans l’état actuel, on fragilise (voire compromet) avec certitude notre système de vote par la mise en place d’un service à l’utilisation hypothétiquement plus grande que son équivalent traditionnel.

Outre les considérations techniques pour le vote électronique, c’est aussi son aspect centralisé qui le rend vulnérable. Si le système est compromis, l’entier du scrutin peut être compromis.

Une solution nettement moins dangereuse au vote dans son ensemble consisterait à permettre aux Suisses de l’étranger de désigner une personne (de confiance, en toute logique) en tant que représentant auprès des autorités en matière de vote. En cas de scrutin, des instructions de vote seraient communiquées à ce représentant par l’électeur à l’étranger, et ce représentant voterait en son nom.

Un tel système, avec quelques garde-fous (représentation d’une personne au maximum, confirmation de l’acte de vote par internet), éviterait de prêter le flanc à une compromission intégrale de notre système de vote. Le « prix » de ce compromis serait l’abandon de l’anonymat du vote entre l’électeur de l’étranger et son représentant.

On  sait que le vote traditionnel est un processus qui n’est pas fiable à  100%. N’est-ce pas faire un faux procès au vote électronique que de le pointer du doigt comme risqué?

La réponse est évidemment « Non », pour 2 raisons essentielles:

D’une part, si la finalité des votes traditionnels et électroniques sont les mêmes, certains grands principes de fonctionnement, au delà même de la technique, sont différents.

Le vote traditionnel, y compris pour le vote par correspondance, est distribué sur de multiples bureaux, alors que le vote électronique est centralisé. Genève regroupe même plusieurs Cantons sur une seule plateforme, dont notamment Lucerne et Berne.

Si l’on veut détourner le vote traditionnel, il s’agit de compromettre, dans l’exemple du canton de Vaud, une bonne portion de presque 360 bureaux de votes. Pour le vote électronique, il suffit de comprommettre une seule plateforme. Si la plateforme est compromise en toute discrétion, et les résultats modifiés avec un peu de subtilité, des scrutins pourraient être manipulés à l’insu de tous.

Cédric Jeanneret nous précise: Dans le cas de Genève, pour une « attaque » sous l’angle humain, à priori 2 personnes corrompues, 3 maximum, suffisent pour compromettre l’entier du système. Il suffit de compromettre un notaire, un « officier de sécurité », et à la rigueur le représentent du SVE (Service des Votations et Élections).

Ce dernier possède l’ordinateur d’administration du système de vote électronique. Le notaire possède les mots de passe permettant de déchiffrer la clef privée possédée par l’officier de sécurité.

Cette clef permet de déchiffrer les votes, et donc d’accéder à toutes les informations sur les votants, ainsi que manipuler les votes contenus dans l’urne. (Source: Evoting à coeur ouvert)

D’autre part, le risque n’est ni le seul, ni même le plus gros problème soulevé par le vote électronique, car il en va surtout de sa légitimité. Pour rester démocratique, un système, une méthode de vote doit pouvoir être non seulement comprise, mais aussi vérifiable par l’électeur.

 Si vous désirez vous prêter au jeu du « test de compréhension du fonctionnement », il peut aisément être fait sur la base du document « Evoting à coeur ouvert« .

A moins d’une bonne trentaine de révolutions dans l’efficacité des méthodes d’apprentissage, jamais une population dans son ensemble ne sera en mesure de vérifier ne serait-ce que les grandes lignes du fonctionnement d’un système de vote électronique raisonnablement inviolable et assurant l’anonymat du vote.

Même en admettant que ce soit le cas, une solution telle que celle de Genève resterait non-démocratique, car les « simples » électeurs n’ont pas accès au système ni aux composants de programmes qui le constituent. Cet aspect est précisé dans la LEDP, art 60 al 8.

En l’état, dans le cadre d’un processus de vote dit démocratique, le citoyen ne peut rationnellement (donc ne devrait pas…) considérer un système de vote électronique comme autre chose qu’une boite à suggestion ou un puits à souhaits, car sa capacité à s’assurer de son bon fonctionnement est similaire, à savoir nulle.

A ce sujet, et sur le thème général du manque de légitimité du vote électronique, lire aussi cet article de Burninghat.

Que manque-t-il, de l’avis du Parti Pirate, dans les systèmes actuels de vote électronique?

Il manque une prise de conscience doublée d’une reconnaissance des manquements (démocratiques) et des risques (techniques) que fait peser une solution de e-voting quelle qu’elle soit sur le vote démocratique. Il manque donc par extension une décision d’arrêter les tests ayant un impact sur les résultats, doublée au minimum d’un moratoire sur la mise en place de systèmes de vote électronique en situation réelle.

Si une majorité de citoyens suisses devait se prononcer, en connaissance de cause (donc en acceptant les risques évoqués précédemment), en faveur de la mise en place d’un système de vote électronique, celui-ci devrait au moins être entièrement transparent et vérifiable.

Il s’agirait en particulier d’ouvrir totalement les sources (le code) des programmes utilisés, ainsi que toutes les indications techniques utiles, afin de permettre à toute personne intéressée de vérifier et d’éprouver le système. Il faudrait aussi pouvoir prouver que le système en fonctionnement correspond à ces sources. Sur ces aspects également, et pour plus de détails techniques, attardez-vous sur les articles de Cédric Jeanneret.

Publié dans Actualité, Parti Pirate Vaudois, Votations | Marqué avec , | 2 commentaires

A propos de ce 2ème tour !

Si vous faites partie du cercle plutôt restreint des personnes ayant ouvert leur enveloppe de vote, ou même de la crème, c’est à dire ceux ayant déjà voté, vous le savez sans doute: Ce dimanche n’est pas seulement jour de pêche, c’est aussi jour d’élection.

Humour mis à part, cette conjonction nous expose à de très mauvaises blagues pour les élections de ce 1er avril, et l’une des pires serait, sur Lausanne, de dépasser les 2/3  pour atteindre 3/4 d’abstentions.

Afin d’orienter d’éventuels indécis, tout en essayant de conjurer le mauvais sort en dernière minute, voici les candidats ayant notre soutien:

Béatrice Métraux (Les Verts) et Emmanuel Gétaz (Vaud Libre)

Comme nous l’avions déjà fait à l’occasion des élections complémentaires fin 2011, nous soutenons à nouveau le candidat de Vaud Libre, avec lequel nous nous rejoignons sur de multiples sujets. Nous connaissant également diverses affinités de vues avec les Verts, il est naturel de soutenir leur candidate, dans le même esprit.

A titre d’exemple récent, le Parti Pirate, Vaud Libre et les Verts Vaudois se sont rejoints avec nombre d’associations, à l’occasion d’une lettre ouverte sur les expériences de vote électronique chapeautées par la Confédération, afin de pondérer l’annonce de « succès » tout en insistant sur quelques exigences minimales pour prétendre à un système décemment démocratique.

Sur ce, nous vous souhaitons un excellent scrutin !

Gaël Marmillod

pour le Comité

Publié dans Elections, Parti Pirate Vaudois | Marqué avec , , , , , | Laisser un commentaire

Lettre ouverte aux chancelleries et aux parlementaires suisses

Suite aux révélations extrêmement préoccupantes émises par la confédération sur les systèmes de vote électronique utilisé lors du scrutin du dimanche 11 mars dernier, le Parti Pirate Suisse et ses sections se sont joint à de nombreuses associations et partis pour dénoncer, via une lettre ouverte, des dysfonctionnements d’autant plus graves qu’ils sont qualifiés de « succès ».

La démocratie Suisse en danger suite aux défaillances majeures du vote électronique. Les essais doivent être arrêtés.

Internet, le 14.03.2012 – Le site de la Confédération Suisse nous a révélé lundi les défaillances majeures du système de vote électronique actuel développé par le Canton de Genève. De l’aveu même de la Chancellerie, un électeur établi à l’étranger, votant sur le canton de Lucerne, a pu voter deux fois. Son vote a ensuite été retiré des résultats définitifs. La Chancellerie parle pourtant d’un succès. Les organisations signataires exigent l’arrêt des tests de ce système opaque et de toute évidence lacunaire.

Durant ce weekend de votation, l’unicité du vote par le système électronique n’a donc pas été garantie en tout temps. Le résultat enregistré fût ainsi manifestement erroné. Stipulant d’agir de «manière professionnelle», le résultat du vote électronique a donc été délibérément retouché pour corriger cette faille. Cela laisserait sous-entendre que l’anonymat du vote n’a pas été respecté, en violation directe de l’ordonnance fédérale sur les droits politiques.

Face au secret qui entoure le développement et le fonctionnement du système de vote électronique, nous ne pouvons que craindre que d’autres erreurs aient déjà eu lieu. Nous remettons en cause la fiabilité et la sécurité des données transitoires, tout comme l’inviolabilité du système proposé. Nous nous inquiétons également de l’étonnante facilité de manipulation des résultats sous couvert d’une erreur informatique qualifiée de succès par la Chancellerie Fédérale.

Un rapport de l’OSCE pointe les failles de ce système, mettant en doute la sécurité et préconisant une plus grande transparence. De plus, rappelons qu’au début de ce mois, la sécurité d’un système de vote américain a été compromise en quelques heures seulement, démontrant une fois de plus la grande faiblesse des logiciels de votes électroniques.

Nous demandons l’arrêt immédiat des expérimentations ainsi que l’annulation des voix issues du vote électronique. Nous demandons la publication en ligne immédiate du code source afin que celui-ci puisse être étudié dans des conditions satisfaisantes. Enfin, nous demandons la mise en place d’une commission publique et indépendante chargée de réaliser un audit sur les conditions de développement ainsi que sur la sécurité du logiciel.

La liste des signataires est disponible sur le site du Parti Pirate Suisse.

Le Parti Pirate vaudois y adhère pleinement, en particulier en regard d’une précédente lettre ouverte de M. Pierre Santschi adressée à la Chancellerie de Genève, et des réponses lacunaires qui y ont été apportées.

Il est important de rappeler qu’un système de vote électronique est, à l’heure actuelle, intrinsèquement antidémocratique, simplement car le citoyen lambda serait incapable de s’assurer de son bon fonctionnement. A défaut, s’il est considéré que les avantages d’un système de vote électronique surpassent ces considérations, ce dernier doit au moins être entièrement ouvert et vérifiable, afin que tout-un-chacun puisse le mettre à l’épreuve et l’améliorer.

Quelle que soit la solution utilisée, il est indispensable qu’elle satisfasse à ces exigence lorsqu’elle arrivera en terre vaudoise.

Pour les personnes désireuses d’effleurer certains aspects un peu plus techniques de cette problématique, attardez-vous sur ce billet de Cédric Jeanneret.

 

Publié dans Parti Pirate Vaudois | Marqué avec , , , , | Un commentaire

Le Parti Pirate vaudois continue sa progression

Vous le savez sans-doute, notre équipe a concentré ses forces sur le sous-arrondissement de Lausanne-ville, ou il a présenté une liste pour le Grand Conseil.

L’informatique cantonale ayant tenu bon, les résultats ont été connus aux environs de 21h ce dimanche.

Au final, notre Liste No 2 aura donc récolté 1.7% des suffrages ! Sans que l’utilisation de superlatifs soit à l’ordre du jour, ce résultat montre une progression encourageante de l’intérêt qui nous est accordé.

En comparaison, nous avions atteint un résultat de 1.09% sur le district de Lausanne à l’occasion des dernières élections fédérales de l’automne 2011.

A l’occasion de ce scrutin cantonal, nous avons travaillé à étendre nos thèmes, en nous positionnant sur des sujets en lien avec l’éducation, l’environnement et la sécurité. Le résultat obtenu ce dimanche nous incitera à persévérer dans cette voie pour clarifier nos avis et positions auprès du public.

Évidemment, nous invitons toutes les personnes intéressées à participer ou nous soutenir dans cette évolution à venir renforcer nos rangs !

Nous saisissons aussi l’occasion pour remercier les électeurs de leur confiance et de leur soutien, ainsi que les médias nous ayant accordé attention et visibilité. Un grand merci également à toute notre équipe active et aux personnes externes, pour leur aide au long de la campagne !

Le Comité

Note: Lausanne-ville, dont 65.35% (quasiment 2/3 !) des citoyens ne se sont pas prononcés, est le plus mauvais élève du canton, dont aucun arrondissement n’atteint le 50%. Notre résultat aurait-il souffert de la faible participation des plus jeunes, observée à l’occasion du scrutin fédéral précédent ?

Publié dans Actualité, Elections, Parti Pirate Vaudois | Marqué avec , , | 2 commentaires

Les suisses veulent du nucléaire, parait-il…

Quelques brèves observations, à propos d’un article du journal « Le Matin », relayant une « information » (les guillemets sont de rigueur) de l’ATS, qui elle-même relaie…. la propagande du lobby du nucléaire.

L’article se base sur une étude commandée par Swissnuclear.

Et il n’y a pas besoin de creuser bien loin pour observer que le détenteur de swissnuclear.ch est:

Alpiq AG, Geschäftsstelle Swissnuclear
Lulaj Blerta
Bahnhofquai 12
CH-4600 Olten
Switzerland

Alpiq, donc, qui exploite les centrales nucléaires de Gösgen et de Leibstadt.

Pas très neutre, vous dites ?

Ne vous attardez pas trop sur la société mandatée pour le sondage, ou espérez qu’elle se soit resaisie depuis 2008 !

Publié dans Actualité | Marqué avec , , , , , | Laisser un commentaire

Découvrez notre programme étendu !

Pour les nombreuses personnes n’ayant pas eu l’occasion de nous rencontrer récemment sur un stand, voici le sommaire de notre programme étendu, tel que présenté dans notre flyer !

Ces thèmes seront encore étoffés plus avant en ce début de semaine.

Publié dans Elections, Parti Pirate Vaudois | Un commentaire

Les Pirates contre le prix unique du livre. Pourquoi ?!?

Hier soir, le Parti Pirate vaudois a pu participer à l’émission Infrarouge, consacrée à la loi sur le prix unique du livre (LPL), prochainement soumise au vote. Sous un faux air de conflit générationnel, le sujet a été vivement débattu, en n’évoquant que trop peu le contenu de la loi elle-même. Et pourtant, c’est le seul aspect réellement important.

Pourquoi ? Parce qu’au final, c’est elle qui aura un effet concret. On peut promouvoir tant qu’on veut une loi sur la diversité cinématographique, celle-ci n’aura aucun effet si elle ne légifère que sur la couleur du popcorn.

Le Parti Pirate est, par essence, très sensible à l’argument d’une diversité culturelle du livre, plus particulièrement quant à son accès au plus grand nombre. Retrouver les Pirates dans le camp du « Non » vous étonne, ou même vous choque ? Sans (trop (mais un peu quand même)) revenir sur “ces jeunes qui n’ont rien compris” (clin d’œil à l’émission ), essayons d’expliquer sommairement pourquoi nous sommes contre.

La réponse en très bref: Parce que nous avons lu la loi en question.
(Je ne saurais me prononcer à propos des partisans du “Oui” du débat Infrarouge)

En un peu moins bref: Non seulement nous avons lu la LPL, mais nous avons réfléchi à son application, et à ses conséquences. Et devinez quoi ? Manifestement, elle va provoquer le contraire de l’effet recherché !!!

Impossible, direz-vous, comment une loi supposée “assurer une diversité culturelle du livre en soutenant les petites librairies” pourrait-elle travailler à contresens ?

Vous avez 5 minutes ? Ok, on vous explique ;-)

Le top, pour une compréhension idéale, serait de vite aller la lire. Elle ne fait que 4 pages de texte bien aéré, et bien compréhensible.

Ensuite, 1-2 tout petits éléments sur le fonctionnement du marché du livre.

D’une part, comme le mentionne M. Vandenberghe dans son “appel aux librairies”, 80% des livres vendus en Suisse romande sont importés de France. Le problème de prix élevé, subi depuis toujours par les suisses, concerne donc essentiellement des livres français.

Comment fonctionne ce marché, comment un livre français arrive-t-il dans une librairie suisse ? L’éditeur français passe par un distributeur/diffuseur (2 jobs différents, généralement assurés en Suisse par la même entreprise), et ce diffuseur-distributeur met le catalogue des éditeurs qu’il représente à disposition des librairies.

Les éditeurs, eux, ne veulent qu’un seul interlocuteur. Chaque distributeur-diffuseur (dont voici une liste) a donc le monopole sur le catalogue qu’il propose. Et vous vous doutez bien que Dargaud et Flamarion, ayant leur propre distributeur-diffuseur en Suisse, ne vont pas passer par l’OLF, Diffulivre ou Servidis.

Nous avons donc de splendides monopoles de distribution, doublés parfois de cartels éditeur-distributeur-diffuseur en assaisonnement. Et devinez quoi ? De l’avis des grands libraires autant que des petits, il paraîtrait que ces distributeurs-diffuseurs en abusent un peu. D’où un prix exceptionnellement haut comparativement aux prix français et en ligne.

Avec ces bases, nous pouvons maintenant aborder cette diabolique LPL !

Que dit-elle ?

Art. 1 But
La présente loi vise à:
a. promouvoir la diversité et la qualité du livre en tant que bien culturel;
b. garantir que le plus grand nombre possible de lecteurs aient accès aux livres
aux meilleures conditions.

“Ben voilà, vous voyez, elle fait bien ce que les partisans de cette loi annoncent !”

Sauf que non. La présente loi VISE à ….

Elle ne “fait” pas, elle a “pour objectif de s’appliquer à essayer de” faire. Il ne s’agit guère plus que d’une petite “intro” de mise en bouche, nullement contraignante. Fort heureusement, d’ailleurs, puisque le reste des articles vont, concrètement, s’appliquer à produire l’effet inverse.

Sceptiques ? Ok, allons à l’Article 4, alinéa 1:

Art. 4 Détermination du prix
1 L’éditeur ou l’importateur détermine le prix de vente final des livres qu’il a édités
ou importés.

Vous sentez cette petite odeur de brûlé ? Hé oui, c’est notre importateur (le fameux distributeur-diffuseur abusant de sa position) qui fixe le prix final ! Et là, il n’y a pas à chipoter, la LPL ne dit pas “l’importateur vise à éventuellement déterminer”. C’est lui qui le fait, point.

Il choisit donc à quel prix il vend les livres aux libraires, et leur impose le prix de vente final de son choix (Art. 5). S’il n’a pas été particulièrement philanthrope jusqu’ici, il y a vraiment peu de chance que la situation s’améliore si on lui donne les pleins pouvoirs.

“Oui, mais au moins le prix unique met les libraires sur un pied d’égalité, et si ce prix est vraiment excessifs, la loi donne des moyens de le faire baisser”.

Excellente remarque, attardons-nous un peu dessus !

Si le prix de vente final est fixe, le prix distributeur-libraire, lui, ne l’est absolument pas. Les grosses enseignes (FNAC, Payot), pourront négocier de bien meilleurs prix (et le font déjà), de par leur volume important. Le distributeur fera même un geste de plus si le libraire accepte de “placer” des livres ne l’intéressant pas de prime abord.

Résultat ?

Non seulement la petite librairie se fait une marge bien moindre que la grosse, mais la grosse est “forcée” (par le prix unique) de se faire une marge peut-être plus importante que si le prix n’était pas imposé.

Supposons maintenant que Monsieur Prix (sous le bénéfice d’un miracle quelconque) ou autre “Représentant de la branche” (Art. 12) fasse baisser le prix final:

Pour mieux illustrer la problématique, imaginons que ce prix baisse progressivement. L’importateur, toujours pas philanthrope, n’a pas de raisons majeures de faire des efforts et adapter ses prix. Au moment ou la petite librairie voit sa marge se réduire jusqu’à néant, la marge de la grosse enseigne a également diminué, mais existe toujours.

En résumé, donc, si le prix des livres reste généralement haut, les petites librairies mourront plus lentement, mais le prix prohibitif poussera le client vers des solutions alternatives (achats en France, ou en ligne). C’est l’article 1b qui en prend un coup.

Et si ce prix baisse, il ne fera qu’accélérer la chute des petites librairies. Et voilà une belle manchette pour l’article 1a.

Nous avons donc le choix entre une diversité au prix inaccessible, ou sa disparition à un prix plus raisonnable.

Effectivement… Nous, jeunes, n’y comprenons plus rien. Seule la corde, pour pendre la diversité culturelle du livre accessible au plus grand nombre, n’est pas fournie par la LPL.

Ça aurait pourtant été la moindre des politesses….

Publié dans Parti Pirate Suisse, Votations | Marqué avec , , , , | Laisser un commentaire

Prochainement, sur lausanne.ch

Dans le cas spécifique du sous-arrondissement Lausanne-ville, une page de présentation est proposée sur le site officiel de la ville , pour les partis présentant une liste. D’ici à sa mise en ligne, nous vous en faisons déjà profiter ici !

Jeune arrivant sur la scène politique, le Parti Pirate Vaudois veut pousser les nouvelles technologies au centre du débat politique. Nous sommes convaincus que l’état doit être en avance sur son temps, et non en retard, pour répondre de manière appropriée aux défis actuels.

Les innombrables évolutions, tant sociales que technologiques, apportent une foule d’avantages, accompagnés de leur lot de problématiques. Plutôt que d’en faire abstraction, il s’agit de s’en emparer, tant au niveau éducatif et étatique qu’économique.

Pour les prochaines élections cantonales, le PPVD s’engage pour…

  • Une démocratie participative, à l’écoute des citoyens
  • Une meilleure transparence de l’état et des partis
  • Une économie responsable, éthique et innovante
  • Une plus grande sévérité face à la criminalité économique
  • Un patrimoine culturel pérenne et ouvert
  • La promotion et le soutien des artistes locaux
  • Une éducation accessible à tous, en accord avec son temps
  • Un renforcement rationnel de la sécurité de proximité
  • Des transports publics gratuits, attractifs et écologiques
  • La recherche d’alternatives énergétiques

Ces thèmes vous parlent ? Vous êtes las des solutions désuètes, basées sur des concepts, des idées ou des modèles dépassés ? Pensez à la Liste 2 !

Pour de plus amples détails, nous vous invitons à découvrir notre site web, voué à évoluer tout au long de la campagne.

Bref historique:

Le Parti Pirate Vaudois, fondé en 2011, est une section locale du Parti Pirate Suisse. Il fait partie d’un mouvement international ayant débuté en Suède en 2006 et présent aujourd’hui dans plus de 60 pays. Le nom du parti, outre son lien avec Internet, est une référence aux pirates historiques, anciens marins se révoltant contre les empires coloniaux en prenant possession de leur navire et en y instaurant démocratie, fraternité et code d’honneur. Les pirates d’alors élisaient leurs dirigeants, libéraient les esclaves et partageaient les ressources dans un monde où la tyrannie et l’exploitation étaient devenu le quotidien de l’homme.

Publié dans Elections, Parti Pirate Vaudois | Marqué avec , , | Laisser un commentaire

Assemblée Générale du Parti Pirate vaudois

Afin que le comité, et plus généralement le Parti Pirate vaudois, garde sa légitimité tant aux yeux de ses membres que du public en général, il est plus que temps pour une Assemblée Générale!
 
Celle-ci se tiendra donc le SAMEDI 4 FEVRIER 2012, au Restaurant Le Milan, à Lausanne. Membres et non-membres sont les bienvenus!
 
A cette occasion, nous reviendrons sommairement sur cette 1ère année d’existence, ainsi que sur notre participation aux élections fédérales. Nous vous présenterons également nos réalisations et projets pour les élections cantonales de mi-mars.
Mais le plus important sera, assurément, l’élection du comité 2012!
 
Nous nous réjouissons d’ores et déjà de vous voir à cette occasion !

Gaël Marmillod
pour le Comité

Publié dans Parti Pirate Vaudois | Laisser un commentaire

SOPA, PIPA et moi

Chers ami(e)s,

Vous avez eu vent d’un jour étrange sur internet ?

Pour vous, cela n’a peut-être pas du signifier grand chose, car la plupart des sites participants à cette action du 18 janvier étaient anglophones. Pourtant, même les sites que vous utilisez couramment comme Google et Wikipedia ont participé dans leur version américaine. Ces sites, plus de 17000, tout comme wordpress, reddit et d’autres ont manifesté contre deux textes de loi actuellement discutés par le Sénat américain et la chambre des représentants, respectivement le PIPA (Protect IP Act) et la SOPA (Stop Online Piracy Act). Cette grève d’Internet a eu suffisamment de poids pour que plusieurs représentants américains changent d’avis. Mais la lutte n’est pas finie, et le vote de la SOPA aura lieu le 24 Janvier.

Pourquoi des sites comme Google ont fait grève ?

C’est pour s’insurger contre ces textes de lois qui ne seront pas efficaces. Ces lois ont été élaborées dans le but de lutter contre le piratage sans prendre aucune mesure prévenant les abus liés à la censure. Le Président Obama s’est dit prêt à utiliser son véto si le texte ne garantissait pas mieux la liberté d’expression. Les lois SOPA/PIPA sont dans la même veine que HADOPI en France, mais en pire. Il s’agit de renverser le principe de présomption d’innocence en effectuant un filtrage préventif.  C’est aussi un mécanisme de sanction automatique qui s’exonère de la décision d’un juge. C’est une atteinte grave à l’état de droit et à la démocratie elle-même, cela uniquement afin préserver les rentes d’une industrie qui n’arrive pas à faire sa transition dans la société de l’information. En plus d’être dangereuses, les mesures misent en place seront facilement contournables.

Mais moi, je suis suisse, pas américain, ça me concerne vraiment?

Oui, car ton internet est le même que celui de n’importe quel autre citoyen de la planète. Les sanctions financières prévues par SOPA et PIPA, telles que la privation de donations, feront couler des sites proposant du contenu culturel aux américains. Le problème, c’est que sans revenus, le site fermera aussi pour les internautes suisses ! Mais la n’est pas le pire. Partager un clip sur Youtube, n’a jamais tué personne, mais malheureusement avec ces lois, c’est Youtube lui-même qui est menacé de disparition. Les sites de partage, qu’ils soient artistiques (Myspace, Youtube) ou sociaux (Facebook, Google+) devrons filtrer leur contributeurs, même les suisses, pour être sûr de ne pas avoir de contenu qui risquerait de les faire fermer. Pour un site comme Youtube, c’est la mort assurée, car sans partage libre, ce site n’a plus de raison d’être.

Pour le réseaux sociaux, c’est pire. Tu pourra toujours y accéder. Mais à cause de ces lois américaines, toi, bon citoyen suisse, tu ne devras pas mettre de contenu soumis au droit d’auteur sous peine de voir ce contenu censuré. Plus question de te prendre en vidéo entrain de chanter, ou même d’écouter ou de partager avec tes amis des vidéos de musiques ! Pour ne pas avoir d’ennuis, Facebook te censurera préventivement. La peur de la censure prendra le pas sur tes libertés!

Tu es sur internet !
Tous ce qui se passe sur et à propos d’internet est forcément mondial !
Tous ce qui se passe sur et à propos d’internet te concerne !
N’oublie jamais que la censure chez ton voisin t’empêche également de lui parler !

Alors rejoins-nous pour protester contre ces lois antidémocratiques et construire la société de demain !

Source: Parti Pirate Genevois

Publié dans Parti Pirate Vaudois | Laisser un commentaire